Deux ans après son lancement, l’étude ANRS NAMSAL (New Antiretroviral and Monitoring Strategies in HIV-infected Adults in Low-income countries) apporte ses premiers résultats. Menée à Yaoundé au Cameroun, cette étude a pour objectif de comparer l’efficacité de deux traitements de première intention contre l’infection par le VIH, auprès de plus de 600 patients. Les résultats de cette étude coordonnée par le Dr Charles Kouanfack (Hôpital Central Yaoundé, Faculté de médecine de l’Université de Dschang) et le Pr Éric Delaporte (TransVIHMI, Université Montpellier, IRD et Inserm) montrent la non infériorité du traitement à base de dolutégravir par rapport au traitement à base d’efavirenz 400 mg. Dans le contexte spécifique du suivi des patients dans les pays du Sud, les chercheurs estiment que le traitement de première intention à base de dolutégravir est une bonne alternative à l’efavirenz. Les résultats de cette étude, co-financée par Unitaid et l’ANRS, sont présentés lors du congrès HIVDrugTherapy, à Glasgow ce mercredi 31 octobre 2018.

Les dernières recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiées en juillet 2018, préconisent un traitement de première intention pour l’infection par le VIHà base de dolutégravir1 (DTG) et comme alternative d’un traitement à base d’efavirenz 400 mg (EFV400)2.Il n’existait jusqu’alors aucune donnée comparant directement l’action de ces deux molécules dans le contexte particulier des pays à ressources limitées. C’est dans ce contexte que l’étude ANRS NAMSAL a comparé leur efficacité auprès de 613 personnes vivant avec le VIH et n’ayant jamais suivi de traitement antirétroviral.

 

  • Cette étude est la toute première du genre à apporter des données comparatives sur l’utilisation du dolutégravir par des personnes vivant avec le VIH dans les pays à faibles ressources, tel le Cameroun. Unitaid attache beaucoup d’importance à ce partenariat avec l’ARNS et l’OMS qui contribuera à accélérer l’accès aux meilleurs traitements », a mentionné le Dr Philippe Duneton, Directeur exécutif adjoint d’Unitaid.

 

Les participants à l’étude ANRS NAMSAL, ont été répartis de manière aléatoire en deux groupes, le premier suivant un traitement à base de DTG (participants DTG) et l’autre un traitement à base d’EFV400 (participants EFV400). Après 48 semaines de traitement 74,5% des participants DTG et 69% des participants EFV400 présentaient une charge virale VIH plasmatique inférieure à 50 copies virales par ml de sang. Le traitement à base de DTG est non inférieur au traitement à base d’EFV400. La non-infériorité du dolutégravir par rapport à l’efavirenz 400 est démontrée. Autrement dit, la différence observée entre les deux traitements n’est pas suffisamment significative pour établir une supériorité de l’un par rapport à l’autre. De plus la tolérance des participants à ces deux traitements est similaire. Ainsi dans le contexte de suivi des personnes infectées par le VIH dans les pays du Sud, le DTG est une alternative de choix.

 

  • Dans le cas des patients présentant un fort taux de virus dans le sang à l’initiation du traitement, on a observé, quel que soit le traitement prescrit (DTG ou EFV), la persistance d’une faible réplication virale. De ce fait, il est important de continuer à suivre sur le long terme les patients initiant un traitement à base de DTG afin de confirmer la non survenue de mutations de résistance à cette molécule ; l’étude continuera jusqu’en 2021 », explique le Pr Éric Delaporte.

“Nous saluons les résultats de cette importante étude”, a déclaré le Dr Gottfried Hirnschall, Directeur du département VIH et hépatites de l’OMS. “L’étude ANRS NAMSAL soutient les efforts conjoints de l’OMS et d’Unitaid pour optimiser le traitement du VIH et identifier des traitements toujours meilleurs et plus sûrs pour les personnes vivant avec le VIH”.

 

  1. Avec une note de prudence sur l’utilisation de DTG au cours de la périconception et pour les femmes et adolescentes en âge de procréer en raison du risque potentiel de malformation du tube neural lorsque le DTG est utilisé pendant le premier trimestre de la grossesse.
  2. L’EFV 400 est mieux toléré que l’EFV 600 habituellement prescrit et il est disponible en comprimés combinés à dose fixe.

Communiqué de presse CP ANRS NAMSAL_0